Dimanche 1 août 2010
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A force d'être mise à toutes les sauces, l'écologie politique me semble arriver à un
tournant de son histoire.
Au-delà des résultats électoraux en trompe-l'oeil d'Europe-écologie qui a
essayé de parer l'ancien parti Vert aux thèses archaiques et flirtant avec l'extrême-gauche des atours modernistes de l'écolo-justicio-mondialisme à la
Cohn-Bendit;
au-delà des promesses soulevées par le Grenelle de l'environnement, certes révolutionnaire dans sa
conception mais au bilan jusqu'ici mitigé faute d'avoir voulu trancher clairement un certain nombre de débats pour ne pas briser le consensus qu'il semblait avoir fait naître,
l'écologie apparaît aujourd'hui comme un enjeu plus secondaire ou, du moins moins évident, aux yeux de
nos concitoyens.
On se souvient de la phrase (à mon avis mal interprétée et répétée à l'envi par tous ceux pour qui les
écolos ne sont au mieux que de doux rêveurs, au pire de dangereux intégristes) prononcée par le Président de la République au Salon de l'Agriculture: " Je voudrais dire un
mot de toutes ces questions d'environnement, parce que là aussi ça commence à bien faire! ".
Evidemment, la pression de la crise économique internationale, les suspicions de manque de rigueur
scientifique, voire de corruption de certains membres du GIEC, la surexposition médiatique d'"anti-réchauffistes" acharnés ont favorisé ce retournement de situation.
Faut-il alors penser que ce qui compte aujourd'hui, c'est uniquement le chômage ou la réduction des
déficits et que, pour l'écologie, on verra quand ça ira mieux?
Je ne le crois pas car, non seulement, les problèmes de perte de biodiversité, de stress hydrique ou
d'épuisement des énergies fossiles sont toujours bien présents mais, en plus, leur prise en compte de manière pragmatique peut nous aider à une sortie de la crise par le haut.
D'ailleurs, Nicolas Sarkozy le laisse entendre dans la suite de sa fameuse phrase: "
Je crois à une agriculture durable. […] Mais il faut que nous changions notre méthode de mise en œuvre des mesures environnementales en agriculture "
Car enfin, ce n'est pas l'écologie qu'il faut laisser tomber mais, comme nous y exhorte Patrice
Hernu, une certaine vision de l'écologie: celle des paillettes, de la mode, des idées toutes faites et des slogans moralisateurs.
Peut-on encore émettre une critique sur le fonctionnement du GIEC ou rappeler que le CO2
n'est pas le seul facteur de changement climatique tout en ne niant pas la nécessité d'en réguler ses émissions?
Peut-on encore parler de politique énergétique sans diaboliser le nucléaire ni parer de toutes les vertus
les énergies renouvelables mais en n'oubliant pas que sortir des énergies fossiles, c'est aussi assurer l'indépendance énergétique de la France et de l'Europe?
Peut-on être favorable à la défense de la biodiversité sans mettre en péril la survie économique et
culturelle de nos terroirs?
Ce sont ces défis essentiels pour l'avenir que nous avons à saisir.
Nicolas Sarkozy a raison: introduisons du bon sens dans notre vision de
l'écologie!
Il est plus que temps que la majorité présidentielle se dote d'un corpus d'idées bien identifié dans ce
domaine.
Les structures existent: Valeur écologie du député UMP François Grosdidier, France-Europe-Planète
bleue le think tank de l'écologiste historique Patrice Hernu, Ecologie populaire du député UMP Eric Diard, d'autres encore...
A nous les militants et sympathisants de la majorité
présidentielle de nous en saisir car tant que l'écologie restera affaire de spécialistes, elle apparaîtra comme éloignée des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens.
Espace dialogue