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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 16:27

Par Patrice Hernu, Président de France-Europe-Planète bleue

En réponse aux objections d'une facebookeuse devant le déferlement des bons sentiments dans le domaine de l'écologie et du développement, souvent exprimés avec intolérance, violence verbale, arrogance et prédication sur le thème des péchés de l'humanité qui nous retomberont sous peu sur tous, je confortais son opinion.

 La responsabilité collective dont certains, pas tous, cherchent à accabler l'humanité, cette résurgence de la vulgate du péché comme on le voit dans le dernier film de Nicolas Hulot et qui a fait à juste titre réagir violemment Cohn-Bendit, n'est pas porteuse d'une véritable espérance. Reprenant les travaux des limites de l'Humanisme tel qu'il s'est exprimé sous l'ère productiviste où l'esprit des Lumières s'est de ce fait construit contre ses excès, ce qui l'a évidemment marqué, si l'obsession de la philosophie du travail conduit à un enfermement que le gendre de Karl Marx a bien décrit, par provocation au second degré, dans "L'éloge de la Paresse", l'obsession du péché écologiste contre mère Nature,  est une forme moderne de l'obscurantisme.
 
Ce retour du péché dans sa conception moyenâgeuse est en réalité non conforme à la tradition judéochrétienne. Ce retour résulte du renversement de valeur que produit dans le monde la fin de la rareté du travail et l'apparition de nouvelles raretés universelles (carbone) ou diffuses. Comme quoi les ténèbres sont pavés de bons sentiments pour paraphraser Jean-Paul Sartre qui le disait en fait dans un sens radicalement opposé !
 
Dès lors que la science a permis d'exciper une relation entre une cause et son effet dommageable pour l'ensemble de l'humanité, constitutive d'une part de ces nouvelles et fameuses "externalités", comprendre externes comme exempte de toute imputation individuelle directe, c'est la responsabilité individuelle qui doit à nouveau jouer.
 
Mais le Monde se complexifie, complique ses organisations, rend « diffus » les voies systémiques en « diffusant » partout ce que chacun produit de sens et de valeur. Dès lors, il reste qu'entre la responsabilité avec faute et les phénomènes collectifs diffus ou non prouvés mais possibles, il y a toute une marge, d'où de nouveaux concepts comme le principe de précaution ou la "responsabilité sans faute" (mais limitée !) telle que l'a instituée la directive européenne sur la responsabilité environnementale.

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Par pierre-gilles tronconi - Publié dans : France - Recommander
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