Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire générale adjointe de l'UMP, s’étonne et dénonce les
manifestations organisées par Greenpeace, qui vont à l’encontre même de l’esprit du Grenelle et qui par leurs débordements mettent en péril la sérénité nécessaire à ce
débat.
Elle se félicite que le gouvernement tienne l’ensemble des engagements pris lors du Grenelle de l’environnement.
A cet égard, les conclusions de la table ronde finale du Grenelle de l’environnement a fait émerger sur le volet OGM un
consensus accepté par l’ensemble des parties prenantes au travers d’une solution équilibrée en trois points :
- une nouvelle évaluation du Monsanto 810, qui a conduit la France, à activer la clause de sauvegarde sur le seul OGM commercial
cultivé en France.
- le projet de loi, discuté demain, garantit la liberté de produire et de consommer avec ou sans OGM. Il instaure un régime de responsabilité. Il organise pour la première fois la transparence
sur les cultures OGM et sur l’information du public.
- l’allocation de 40 millions d’euros à la recherche sur les biotechnologies pour que la France puisse disposer d’une expertise indépendante sur ces domaines.
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET entend également souligner que les atermoiements des
gouvernements successifs sur les OGM, ont frustré le Parlement du grand débat démocratique que mérite cette question de société de tout premier plan. Le projet de loi qui sera examiné demain en
première lecture par l’Assemblée nationale répond pleinement à cette carence.
Par pierre-gilles tronconi
-
Recommander
Sur les 26.000 adhérents de
Terrena, première coopérative agricole française, 3.100, soit 12%, ont répondu à un questionnaire distribué début janvier sur l'utilisation des OGM, des produits
phytosanitaires ou encore des engrais chimiques.
Pour 54% d'entre eux, les OGM représentent un vrai danger pour la diversité des filières et des modes de production, 61% sont favorables au maintien du moratoire
sur les OGM, "le temps que les recherches avancent", et seulement 20% sont prêts à semer des cultures OGM dans leur exploitation si la loi les y autorise.
Dans cette consultation les agriculteurs se révèlent prudents, car même si 69% demandent le maintien pour la nutrition animale d'une offre de soja non OGM, ils
estiment que la recherche dans le domaine des OGM est nécessaire. (source: AFP du 05/03/08)
On peut comprendre la prudence de ces agriculteurs. Je les rejoins tout à fait.
Les deux questions essentielles qui se posent sont:
1- Peut-on garantir à un agriculteur la liberté de produire sans OGM?
2- Pourra-t'on se passer durablement des cultures OGM alors que, comme le démontre Claude Allègre dans son ouvrage "Ma vérité sur la planète", le problème écologique le plus
urgent des années qui viennent sera le manque d'eau, et surtout d'eau potable, au niveau mondial bien avant le réchauffement climatique (et même si la trop forte concentration en CO2 dans
l'atmosphère lie les 2 dossiers!).
Par pierre-gilles tronconi
-
Recommander
PARIS (AFP) - 05/02/08
Longtemps attendu et toujours aussi polémique, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés arrive mardi au Sénat pour trois jours de débats qui
promettent d'être houleux.
"Ce sera un combat difficile mais pas perdu d'avance", estimait lundi le sénateur UMP de la Manche Jean-François Le Grand, président de la Haute autorité provisoire sur
les OGM, alors même que la commission des affaires économiques du Sénat a déposé une cinquantaine d'amendements pour, selon lui, "édulcorer le texte dans le sens des pro-OGM".
"Il est temps de sortir du flou entre ceux qui cultivent les peurs collectives et ceux bardés de certitudes", ajoutait M. Le Grand, en rappelant que la société civile a
réclamé à l'unanimité ces éclaircissements lors du Grenelle de l'environnement à l'automne.
La précédente tentative de légiférer sur le sujet, en 2006 avec un projet qui ne satisfaisait pratiquement personne, avait tourné court après l'ouverture du débat devant le Sénat.
Or la nécessité d'une loi répond aussi à un impératif juridique: la France, poursuivie pour défaut de transposition de deux directives européennes datant de 1998 et de 2001, risque une sanction
évaluée à plus de 42 millions d'euros.
Le texte, dans sa version initiale, prévoit la création d'une Haute Autorité permanente et entend fixer les règles de transparence des cultures, d'information des citoyens et de responsabilité
des producteurs - semenciers et agriculteurs-. Ainsi, les agriculteurs qui mettent en culture des OGM seraient tenus de souscrire une garantie financière afin de pouvoir réparer le préjudice
économique éventuel en cas de contamination accidentelle.
Son principal défaut cependant, aux yeux des associations de défense de l'environnement, est
d'inscrire en préambule le "droit de produire avec ou sans OGM". "Un glissement préoccupant par rapport au Grenelle qui affirmait, lui, le droit de produire et consommer sans
OGM", note aussi le sénateur Vert du Haut-Rhin Jacques Müller.
Jugeant que les amendements "grotesques" de la Commission du Sénat et de son rapporteur Jean Bizet (également sénateur UMP de la Manche) "constituent une véritable
provocation", Greenpeace appelle les sénateurs "à ne pas trahir les décisions du Grenelle".
L'association redoute notamment un amalgame entre le seuil d'étiquettage européen de 0,9% - à partir duquel la mention OGM est obligatoire - et un seuil de contamination "acceptable".
"La loi laisse entendre qu'il est possible d'organiser la coexistence des OGM avec d'autres cultures, alors qu'on a aujourd'hui la preuve du contraire", note Arnaud
Gossement, de la fédération France Nature environnement (FNE, 3.000 associations).
A l'appui de ces craintes, Greenpeace cite un sondage commandité au CSA, montrant que 72% des Français interrogés souhaitent pouvoir consommer sans OGM et que pour 71% d'entre
eux, cela signifie zéro OGM "et non pas un produit sans OGM contaminé à 0,9%", relève l'ONG.(Sondage CSA réalisé pour Greenpeace par téléphone les 30 et 31 janvier, auprès d'un échantillon
représentatif de 1.004 personnes).
Nous ne manquerons pas de revenir dans ces colonnes sur ce dossier des OGM de la manière la plus objective possible et le réseau France-Europe-Planète bleue y consacrera bientôt
une lettre.
Relire l'entretien (toujours d'actualité!) que m'avait accordé Patrice Hernu
en février 2006 sur ce sujet
Par pierre-gilles tronconi
-
Recommander
Ainsi,
José Bové a trouvé un moyen de faire parler de lui après l'échec cinglant de sa candidature à la dernière élection présidentielle.
Le voilà enfourchant son cheval de bataille favori et qu'il espère toujours payant: la lutte contre les OGM. Il a donc entamé depuis le 3 janvier dernier
une grève de la faim dans le but, dit-il, d' obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde à Bruxelles, qui permettrait d'interdire la culture du maïs OGM en
France et de "sauver le soldat Grenelle".
Le gouvernement aurait selon José Bové et ses amis habituels des faucheurs volontaires ou du DAL (que viennent-ils faire là-dedans si ce n'est par fraternité idéologique?) trahi sa promesse d'un
moratoire sur la culture du mais MON 810, le seul cultivé en France. J'ai bien suivi les conclusions du Grenelle de l'environnement et je ne vois pas où le gouvernement aurait promis une telle
chose. Il avait parlé de gel de cette culture en attendant les résultats d'études plus précises et c'est exactement ce qu'il fait dans l'attente de l'avis du Comité de préfiguration de la
Haute autorité sur les OGM.
D'aileurs, Nathalie Kosciuzko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'écologie, a annoncé: "Si l'avis est, soit très défavorable au maïs de Monsanto, soit réservé, on appliquera la
clause de sauvegarde en application du principe de précaution".
La position du gouvernement apparait comme responsable compte tenu du fait que l'on ne pourra demander à enclencher une clause de sauvegarde au niveau européen
que sur la base d'un dossier sérieux et étayé.
Mais tout cela n'entre pas en ligne de compte dans le raisonnement de José Bové et de ceux qui le suivent.
Pour eux, seules les postures médiatiques pseudo-révolutionnaires n'ont d'importance, quitte à saboter les efforts d'une écologie réaliste et réellement efficace et
donc l'avenir de notre planète.
Par pierre-gilles tronconi
-
Recommander
Mercredi 26 septembre 2007
PARIS (AFP) - 25/09/07 16:40
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a tenté de calmer le jeu sur les OGM mardi en repoussant l'éventuelle décision sur un moratoire après le Grenelle de
l'environnement alors que les propositions des groupes de travail sont attendues jeudi.
"C'est le président qui décidera", a-t-il indiqué devant les journalistes après avoir reçu les dirigeants de la FNSEA, principal syndicat agricole, pendant près de deux
heures.
La FNSEA avait menacé la semaine dernière de se "retirer définitivement" du Grenelle de l'environnement si ses conclusions étaient "déjà écrites", en réaction à un article du
Monde selon lequel le gouvernement préparait "un gel de la commercialisation des semences OGM" jusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi.
M. Borloo a promis mardi la nouvelle loi "avant la fin de l'année" et même "le plus rapidement possible, c'est indispensable".
"Nous n'avons pas tranché (sur) le moratoire. Sur le fond, on attend la fin du mois", c'est-à-dire l'issue du processus du Grenelle de l'environnement, a souligné le ministre.
Il a cependant indiqué que pour le seul OGM commercialisé en France, le maïs MON810 de la firme américaine Monsanto (environ 22.000 hectares cultivés en 2007), un moratoire pourrait être décidé
plus rapidement.
Une telle décision aurait toutefois une portée limitée, car les récoltes 2007 sont déjà en cours et il n'y aura pas de semis avant avril 2008.
Un éventuel moratoire suscite la colère des céréaliers. "Dans un tel cas, nous attaquerons la décision française à Bruxelles", a déclaré Christophe Terrain, président de
l'Association générale des producteurs de maïs.
Selon M. Terrain, le maïs MON810, dont l'autorisation doit être renouvelée l'année prochaine par l'Union européenne, ne présente "aucun danger" ni pour les autres
cultures, ni pour la santé humaine. Les producteurs de maïs envisagent un quadruplement des surfaces cultivées en maïs OGM en 2008.
Les assurances du ministre ont convaincu mardi la FNSEA de revenir dans le jeu: "Nous continuerons de travailler au sein du Grenelle de l'environnement", a affirmé Jean-Michel
Lemétayer, président de la FNSEA. "Ce sera au gouvernement de décider à l'issue du Grenelle de l'environnement ses objectifs", a-t-il ajouté.
L'intergroupe de travail sur les OGM, qui a terminé ses travaux, est parvenu à un accord -sans la FNSEA-.
Trois points ont fait l'objet d'un consensus entre les participants, selon un document qui sera rendu public jeudi lors de la présentation des rapports de ces groupes et dont l'AFP a obtenu une
copie.
Tout le monde est d'accord pour abandonner le seuil de 0,9%, limite européenne au-dessus de laquelle la mention OGM est obligatoire sur les étiquettes des produits alimentaires, considéré comme
sans fondement scientifique.
Ils se sont aussi accordés sur la création d'une future Haute Autorité qui donnera au gouvernement des avis sur les risques mais aussi les bénéfices attendus de chaque OGM.
Il reste en revanche beaucoup de travail pour définir un régime clair de responsabilité en cas de pollution par les OGM de cultures voisines: un accord de principe est intervenu mais les modalités
font encore débat.
Par pierre-gilles tronconi
-
Recommander
Espace dialogue