Mesdames, Messieurs, chers amis,
Pendant longtemps, notre famille politique a regardé l'environnement comme une question patrimoniale : elle l'a géré avec sérieux et application.
Nous n’avons pas à rougir de notre bilan. La droite est à l’origine de toutes les grandes lois qui structurent la politique environnementale de la France : qualité de l’air, politique de l’eau,
gestion des déchets, sécurité industrielle et j’en passe. C’est la droite qui a créé le premier ministère de l’environnement, les parcs nationaux, le conservatoire du littoral.
De cette période, la droite a gardé l’image d’une bonne technicienne de l’environnement.
Mais elle n’a pas pris la mesure des trois bouleversements sociologiques majeurs créés par l'ampleur et l'internationalisation des inquiétudes environnementales actuelles :
- d’abord, la défiance ou le soupçon à l’égard du progrès et du développement, en tout cas au regard de leurs emballements. Les orphelins de la
pensée marxiste-léniniste se sont évidemment engouffrés dans la brèche :
- ensuite, une perception aiguë que les nuisances environnementales se jouent évidemment des frontières, qu’elles sont de plus en plus diffuses,
qu’elles échappent à l’action publique. L'importance des risques ressentis fait que l’écologie est devenue une question globale, une question de
société. Les politiques sectorielles et gestionnaires ne suffisent pas pour y répondre ;
- enfin, la prise de conscience que les phénomènes s’accélèrent, et que l’écologie est bien sûr un devoir pour préserver l’avenir des générations
futures, mais aussi un besoin pour les générations d’aujourd’hui. Avec la multiplication des catastrophes climatiques, tempête de 1999, canicule
de 2003, ouragan Katrina, l’exigence écologique n’est plus seulement perçue comme une évidence scientifique, mais comme un besoin vital.
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